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La fuite de l'amour

Peut être qu'un jour j'ouvrirais mon cœur à l'amour, mais pour l'instant je préfère fermer ma porte à double tour.

Blog
Publié le
19/10/25
Mis à jour le
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La fuite de l’amour

Dès notre enfance, on nous vend l’amour comme le saint graal : les amants de passage, les âmes sœurs. Des fables racontées aux plus jeunes, un idéal qui me semble aujourd’hui flou.
J’ai longtemps, moi aussi, cru au grand amour. Mais chaque fois que je croyais l’avoir trouvé, j’ai fui. J’ai tout saboté, pour ne pas le garder.

L’amour est partout, dans les films, les livres, les poésies, sur les terrasses des bars.
Les amants s’aiment, se jettent, se réconcilient. On ne peut pas fuir l’amour autour de nous, alors on l’éteint en nous, sans regret. Comme si l’autre devenait l’ennemi, et l’idylle un champ de bataille.
La passion devient tranchée, les bras des lames acérées.
Chaque baiser consume une promesse sans lendemain, toujours accompagnée du même refrain : « je ne suis pas prêt ».

Au fil du temps, je suis devenue romantique au cœur de pierre, amoureuse de l’idée de l’autre, mais incapable de rester quand il est là.
La fuite devient alors la seule fin possible.
Ce n’est pas tant la peur de l’autre, mais la peur de moi-même qui me pousse à ce sabotage.
Devoir recommencer, encore et encore, les mêmes étapes illusoires qui ne mènent qu’à des souvenirs doux-amers.
J’ai cette sensation d’être un monstre à l’apparence d’ange : on souhaite m’atteindre, me posséder, mais une fois entre les mains, la façade s’effondre, révélant des défauts que personne ne pourrait aimer.
Peut-être est-ce ça, la cause de la fuite de l’amour.

On passe nos vies à repérer nos peurs, à écrire sur nos douleurs, sans jamais tenter de corriger nos erreurs.
On répète le même schéma, histoire après histoire, par refus de changer.
On transforme l’autre en cause de l’échec, sans jamais admettre que si l’histoire n’a pas marché, c’est peut-être de notre propre fait.

Alors, on s’attache le temps d’une soirée pour ne plus jamais se regarder.
Amants d’une nuit, inconnus pour le reste de la vie.
Les mensonges deviennent nos compagnons de route :
dire à l’un « je t’aime » sans le penser,
jurer à l’autre fidélité tout en se laissant désirer par ceux qui ne nous inspirent rien.
On tient la main de quelqu’un en regardant les passants, se demandant comment ce serait d’aimer cet inconnu qu’on vient de croiser.
Pendant que notre histoire s’écrit, on rêve déjà d’un ailleurs, dans d’autres bras imaginés, pour fuir ceux qui nous étreignent.

Je suis amoureuse de l’amour que je ne possède pas, mais j’exècre celui qui se présente à moi.
Je décortique la personne qui accepte de m’aimer, cherchant toutes les raisons de m’en dégoûter, de m’en détacher.
Parfois, quelques cœurs s’ouvrent, et l’on croit avoir vaincu notre peur.
Mais le mien trouve toujours un moyen de s’échapper.
Je m’enferme alors dans la solitude, pitoyable mais confortable, parce qu’au moins, ainsi, je ne fais de mal à personne.

Je regarde les passants s’aimer,
les histoires s’écrire sous mes yeux,
pendant que je raye, une à une, les lignes qui tentent de s'ancrer dans mon cœur.

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